92.jpgSEANCE DU CONSEIL GENERAL du 11 avril 2008

 

Intervention de Patrice Leclerc  - rapport  CULTURE, ANIMATIONS CULTURELLES, TOURISME

Monsieur le Président, cher(e)s collègues,

 

Le département des Hauts de Seine est doté, dans le domaine de la Culture, d’importants moyens humains, intellectuels, financiers, et nous disposons d’un nombre important de structures culturelles.

 

Il y a de nombreuses initiatives intéressantes dans les Hauts-de-Seine. Mais notre département pourrait faire beaucoup en matière culturelle. Nous avons les moyens humains, intellectuels, nous avons des moyens en termes de structures culturelles, nous avons les moyens financiers.

 

 

Certes le budget culture que vous nous demandez de voter est en hausse, et nous ne pouvons que nous en réjouir. Mais cette hausse ne viendra pas inonder tous les secteurs de la culture. J’ai par exemple noté qu’un minimum de 76 associations agissant dans le champ culturel verront leur subvention départementale diminuer cette année.

 

Nous prenons acte de votre volonté de faire dans les Hauts de Seine une Vallée de la Culture. Un projet qui ressemble aux grands projets que chaque président de notre assemblée entend lancer à grand frais pour marquer le département de son empreinte.

 

Notre groupe ne sera certainement pas opposé à ce projet d’envergure si par ailleurs notre Assemblée soutenait et finançait davantage de projets et actions culturelles tournés vers un public pour qui la Culture est une ouverture salutaire sur le monde, un moyen alternatif d’expression.

 

Le département finance déjà nombre de manifestations que nous soutenons comme, voire même que nous avons défendu, comme Chorus, Seine de Danse, etc.)

 

Nous pensons que parallèlement aux grands projets qui participent de la renommée d’un territoire, il est important, pour éviter de creuser les inégalités en matière d’accès du plus grand nombre à la culture et ne pas entretenir la ségrégation culturelle, de soutenir et de pérenniser l’existant.

 

Or dans le budget culture que vous nous présentez, les crédits alloués à la musique et à la danse sont en légère baisse.

 

Et en dépit d’une très légère augmentation, la part consacrée aux théâtres, au cinéma et au livre ne nous semble pas à la hauteur. D’autant que quelques bibliothèques du département ne se voient pas reconduire cette année l’intégralité de la subvention qui leur était accordée les années précédentes, et ce avant même la refonte des critères de subventions de leurs activités.

 

Les théâtres et plus généralement le secteur du spectacle vivant pourraient faire l’objet d’une attention particulière dans la perspective, à très court terme, de la réduction drastique en discussion rue de Valois, des crédits qui leur étaient versés par le ministère de la Culture. Ce n’est malheureusement pas la voie que vous avez choisie et nous le déplorons (des compagnies voient leurs subventions fondre et risquent à très court terme de mettre la clé sous les planches, appauvrissant ainsi l’offre culturelle dans notre département).

 

La Vallée de la Culture et l’hommage coûteux et appuyé à Pavarotti, M. le Président, ne permettent pas à proprement parler de réduire la ségrégation culturelle dont pâtissent les populations les moins aisées de notre département. Notre groupe, M. le Président, ne confond pas politique culturelle et politique culturelle de communication.

 

Nous pourrions explorer avec plus d’audace de nouveaux chemins de la culture. Nous en avons les moyens et c’est un besoin.

 

Nous sommes attachés à l’émergence de lieux culturels, de manifestations qui viennent soutenir, valoriser et développer les différents modes d’expression culturelle et artistique qui sont les garants d’une culture vivante et innovante..

 

Nous souhaitons pouvoir proposer à tous les Alto-séquanais des lieux de création et de diffusion culturels et développer des actions de médiation culturelle.

 

Le travail de médiation est d’autant plus pertinent que les contrastes et les inégalités entre les genres sont importants dans notre département.

 

La culture est un bien commun qui mérite que l’on agisse pour tous et que tout un chacun, si il le souhaite, puisse investir le champ de la création.

Les lieux d’accueil, de création et de diffusion culturels, les arts urbains et émergents pourraient, dans le cadre d‘une politique de médiation culturelle inventive, faire l’objet de notre attention. Le réseau 92 mérite qu’on l’aide encore plus.

 

Je renouvelle la proposition du groupe communiste et citoyen de créer une aide à la création artistique et à la diffusion de créations nouvelles comme cela existe déjà dans d’autres départements, moins riches que le notre.

 

Enfin, nous pourrions contribuer à développer les pratiques culturelles et artistiques des personnes en situation de handicap, de façon plus ostentatoire.

 

Voilà quelques suggestions que nous aimerions voir concrétisées dans notre département, pour lesquelles nous sommes prêts à travailler avec la majorité.