SEANCE DU 14 NOVEMBRE 2005 - Déclaration de Catherine Margaté  au nom du groupe communiste

Nous ne pouvons pas avoir une séance aujourd’hui sans parler des très graves évènements qui se produits dans les quartiers populaires de plusieurs villes de France, notamment en région parisienne et notre département n’est pas épargné.

La situation actuelle est le produit de très longues années de sous-estimation de la gravité des problèmes posés par ce que certains appellent la « crise urbaine », à laquelle les gouvernements successifs se sont refusés à répondre, favorisant les logiques libérales qui cassent les droits et les solidarités.

Le groupe communiste qui agit pour plus de services publics, ne peut accepter que l’on détruise des crèches, des écoles, des gymnases, des bus ou des rames de RER, alors que depuis des années, le pouvoir réduit les moyens affectés à ces équipements comme il réduit ceux des collectivités territoriales et des associations.

Le groupe communiste ne peut accepter non plus que l’on brûle des voitures, que l’on dégrade des habitations, de surcroît dans des quartiers déjà malmenés où vivent des populations souffrant de la baisse du pouvoir d’achat, du chômage et de la précarité.

Nous disons clairement non aux violences mais aussi non à l’état d’exception. Les banlieues veulent la fin des violences mais surtout pas le retour à la situation antérieure comme si rien ne s’était passé.

Il a été question d’un grenelle des banlieues, il est urgent d’apporter des réponses de grande ampleur fondées l’égalité des droits, la justice sociale, le respect de la dignité et la fin des discriminations.

Le retour au calme passe, aujourd’hui, certes par des mesures de sécurité mais surtout par la concertation de l’ensemble des hommes, femmes, jeunes, élus, représentants des services publics, des associations qui agissent face à cette situation.

La semaine passée et ce week-end ont vu des mobilisations citoyennes positives portant cette exigence de dialogue qui doit déboucher sur des dispositions s’attaquant au cœur même des inégalités, du chômage, des discriminations, des humiliations et de la pauvreté qui seront, seules, de nature à sortir de l’impasse de nombreux jeunes, de nombreuses familles des quartiers populaires.

Nous demandons aussi que le Conseil général des Hauts-de-Seine prenne ses responsabilités dans cette situation et nous avançons des propositions en débat mais aussi pour leur mise en œuvre effective.

Une action exemplaire du département dans le domaine de la prévention. Cela passe par

- l’attribution des moyens nécessaires comme nous le demandons depuis des années pour les clubs de prévention dans les villes qui en font la demande

- l’état des lieux et l’aide aux associations qui ont des projets et qui par faute de moyens ne peuvent les mettre en œuvre.

Dans le domaine d’emploi

- de prendre des initiatives en direction des responsables d’entreprises pour que soit mis fin aux actes de discrimination à l’embauche, d’accorder une priorité forte aux jeunes issus des quartiers les plus en difficulté

- que l’attribution des fonds publics du Conseil général soit conditionnée à des politiques non discriminatoires à l’embauche, aux stages de formation et au maintien et au développement de l’emploi.

- d’agir contre la casse des services publics comme ceux de la poste, de la sécurité sociale, d’EDF…

Dans le domaine du logement et de l’habitat

- de prendre l’engagement d’accompagner toutes les rénovations urbaines des quartiers

- d’augmenter de 50% le budget habitat et logement pour revenir au niveau des 63 millions d’euros du budget 1996.

- d’exiger des 17 communes de notre département, toutes dirigées par la droite, de respecter la loi SRU en portant à 20% le nombre de logements sociaux dans ces villes

- d’arrêter la vente du patrimoine de l’OPHDLM qui fera demain autant de logements sociaux en moins alors qu’il en manque tant.

Dans le domaine de l’enseignement

- d’abonder les crédits de fonctionnement dans tous les établissements classés en ZEP ou en REP, une mesure qui permettrait de meilleures conditions d’études, de réduire les inégalités et de progresser vers une véritable gratuité de l’école.

- d’aller plus vite dans la rénovation et la construction de nouveaux collèges, anticiper, ne pas répondre seulement lorsque les collèges craquent ; desserrer les effectifs avec des collèges ne dépassant pas 600 élèves en priorité pour les REP ou ZEP

- de créer une bourse « collégiens » de 150 euros pour que les familles notamment les plus défavorisées puissent faire face au coût toujours très élevé de la rentrée scolaire

- de rétablir les bourses pour les lycéens et étudiants qui au regard des attributions passées montrent qu’elles concernent les jeunes qui en avaient le plus besoin.

Enfin, le groupe communiste souhaite que les discussions et le travail en commun des élus engagés, dans le cadre de la révision du SRDIF aient pour but principal de réduire les inégalités sociales, spatiales et territoriales qui s’accroissent, comme le montre toutes les études menées en Ile de France y compris dans notre département.

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