Intervention générale sur petite enfance

Nadine Garcia

Monsieur le Président,
Cher(e)s Collègues,

Pour que l’action du département dans ce domaine permette de faire reculer les inégalités entre les sexes et de favoriser la justice sociale, l’accueil de la petite enfance mériterait d’être considérablement développé. La répartition traditionnelle des rôles entre les hommes et les femmes a permis pendant des siècles d’assurer aux jeunes enfants un encadrement quotidien gratuit, effectué par les mères. L’entrée massive des femmes sur le marché du travail a bouleversé la donne : le taux d’activité féminin a doublé depuis les années soixante, passant de 40% à 80% aujourd’hui. Pour assurer durablement l’autonomie financière des femmes et leur permettre d’être à pied d’égalité avec les hommes dans l’évolution de leur carrière, de nouvelles réponses publiques s’imposent.


Le déficit criant de l’accueil de la petite enfance et son coût très élevé pèsent aujourd’hui sur les familles. Cette situation pénalise avant tout les ménages les plus modestes, creusant ainsi un peu plus les inégalités sociales. La création d’un véritable service public de la petite enfance permettrait d’offrir à tous les petits un mode de garde adapté et de répondre dans de bonnes conditions à l’enjeu contemporain de l’articulation des temps professionnels et familiaux. Chaque parent doit avoir la possibilité de mener de front, de façon satisfaisante et sereine, son rapport parental et sa vie active.
De fortes exigences en matière de petite enfance se sont exprimées régulièrement dans notre département. Nous avons pu le constater à nouveau à l’occasion du résultat des Etats Généraux.
Face à la pénurie de places en crèches collectives, le département a mis en place une aide pour laquelle, je tiens à le rappeler, nous nous félicitons que notre proposition de l’étendre à toute famille faisant appel à une nourrice agrée ait été entendue.
Mais alors que les familles sont à la recherche d’un moyen de garde sécurisé, offrant des moyens d’éveil, d’apprentissage, de socialisation et à un coût financier supportable, le conseil général se désengage de l’effort nécessaire à conduire en matière d’investissement et de fonctionnement pour le développement de structures collectives publiques et aide à l’implantation de structures privées à but lucratif ( dans le rapport 06.108 nous pouvons noter qu’il en existe déjà 12 dans les Hauts de Seine).
Je tiens à redire combien nous trouvons choquant que le département, en s’appuyant sur les fonds publics de la CAF et de l’Etat livre les activités de la petite enfance au secteur marchand. Vous vous êtes désengagé sur 2 633 places dans des structures publiques. Alors que pour répondre à la demande, il faudrait additionner les efforts des collectivités locales, vous pénalisez les villes qui refusent la municipalisation des crèches départementales à travers les crédits accordés pour le financement de leurs structures d’accueil. 
Sur la question du financement, j’ajoute que lors d’une précédente séance, j’avais exprimé nos craintes sur le fait que la mise en place de la PSU puisse entrainer pour les structures collectives une diminution de leurs ressources. Maintenant qu’elle est en application cela, malheureusement, se vérifie. Nous demandons que notre assemblée soit porteuse d’exigences de révision du dispositif et que des négociations avec la CAF soient engagées.

Pour notre part, nous continuons donc d’exiger que le département s’engage prioritairement dans une politique de développement des structures d’accueil dans le cadre d’un service public de qualité et qu’il prenne des initiatives fortes pour la formation de personnels en nombre suffisant. C’est ainsi que les familles pourront enfin bénéficier d’un véritable choix concernant le mode d’accueil de leurs enfants, et que notre département agira pour faire reculer les inégalités entre les sexes et l’injustice sociale.
 


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