Communiqué de presse de Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, le 16 juillet 2015 (en pièce jointe le courrier de 13 maires des Hauts-de-Seine au Prefet de Région)

Le Préfet de la Région Ile-de-France vient de le confirmer : le Premier Ministre, Manuel Valls, refuse l’unité de la Boucle Nord des Hauts de Seine.
Il encourage ainsi « l’apartheid social » puisque cette décision consacre l’entre soi des populations les plus aisées et des communes aux potentiels fiscaux les plus élevés. On trouve dans le territoire de la Défense : 11 714 contribuables assujettis à l’ISF contre 1 412 dans le territoire du nord de la Boucle. Pour les villes de Puteaux et Courbevoie, le produit de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée issue de l’ancienne taxe professionnelle) est de 702,4 euros par habitant pour une médiane de 96,2€ dans la Métropole du Grand Paris. Quoiqu’un peu moins élevée, celle du Mont Valérien (regroupant les villes de Rueil-Malmaison, Nanterre et Suresnes) se monte à près de 300 euros par habitant.


Ce découpage, c’est celui des villes très riches avec une majorité d’habitants très riches également, qui ne se mélangent pas avec le reste de la société, à l’image de Neuilly-sur-Seine dont le Maire a toujours refusé le territoire de solidarité avec les villes de Colombes, Gennevilliers, Argenteuil, etc… Sur les 24 quartiers retenus dans la nouvelle géographie prioritaire de la politique de la ville, 19 sont concentrés dans le périmètre nord-est de la boucle. Les cinq qui sont dans la partie nord-ouest sont tous à Nanterre ! Par ailleurs, Argenteuil, ville endettée avec peu de potentiel fiscal est rattachée au territoire de Gennevilliers. Cette division de la Boucle de la Seine, consacrant la richesse pour les uns au détriment des autres, va à l’encontre des objectifs affichés et fait douter plus généralement des convictions affichées par la majorité gouvernementale avec des choix en décalage avec ses discours : la métropole ne sera pas solidaire !
Cette décision est injuste et socialement irresponsable. Le gouvernement tourne ainsi le dos à un territoire solidaire dans une métropole solidaire. Symboliquement, il va dans le même sens que le maire de Neuilly et contre les maires de Gennevilliers et Nanterre !
Cette décision ne porte pas de vision d’avenir. L’arrivée de la ligne 15 dans quelques années reliant La Défense à Gennevilliers en 7 minutes est un levier considérable pour renforcer la cohérence de ce territoire. La Défense essaime déjà bien au-delà de son périmètre avec des entreprises qui pour tout ou partie de leur activité s’installent à Gennevilliers, Bois Colombes et Asnières. Des milliers de salariés vont chercher à s’installer le long de cette ligne 15. L’aménagement cohérent autour de cette ligne sera plus difficile avec 2 territoires. Il en est de même de l’indispensable travail pour un développement économique des pôles de la Défense et de Gennevilliers, utile pour toute la métropole.
Je suis particulièrement inquiet du peu de considération témoignée à l’égard des maires et des populations de la boucle Nord. Nous vivons ici et maintenant la fin de la décentralisation. Nous avons été reçus jusqu’au cabinet du Premier Ministre, mais le dialogue était absent de ces rencontres. On nous écoute poliment mais la décision est prise depuis le début et rien n’évolue dans le débat. Cette dévitalisation des rapports politiques entre le pouvoir et les élus locaux n’augure rien de bon pour une construction collective de la Métropole du Grand Paris, comme du débat sur les finances des collectivités locales.
Dans ce contexte nouveau et plus difficile, je reste déterminé à faire respecter notre ville et son projet communal construit avec la population pour un Gennevilliers moderne, populaire et dynamique au sein du Grand Paris.


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