Monsieur Jean-François CARENCO
Préfet de Région
Président de la mission de préfiguration
Monsieur Patrick DEVEDJIAN
Président du conseil Départemental des Hauts de Seine
Président de la mission de préfiguration
Gennevilliers, le 20 mai 2015
Messieurs les Présidents,
Je souhaite, par la présente et publiquement, vous faire part de ma consternation concernant le déroulement des deux dernières réunions de la Mission de préfiguration.
J’ai le sentiment, mais il s’agit certainement que d’un ressenti, que rien n’est fait pour permettre à la Mission de préfiguration de mener un travail et une réflexion réellement collaborative. Au contraire, j’ai le sentiment que tout est fait pour en démontrer l’inutilité. Ces réunions sont brouillonnes avec des ordres du jour incertains et des objets de discussions sans décisions réellement opérationnelles.


Nous nous éloignons ainsi de la méthode, respectueuse des élus et de leur travail, qui était de mise jusqu’ici, avec certes des imperfections, des conflits mais qui nous a permis, au moins de travailler et de construire ensemble.
Ainsi, les deux dernières réunions ont surtout pris la forme d’une sorte d’échanges, dans le style « café du commerce », entre le corps Préfectoral et les élus, marquant les flottements et les non décisions concernant la construction de la métropole. Ce mardi 19 mai, il en a été de même avec en plus la présentation-surprise par Monsieur le Préfet de Région, en fin de réunion, des cartes de territoires possibles, et en nous laissant un délai de 15 jours pour réagir !
Ces cartes auraient certainement pu être jointes à l’ordre du jour. Je n’imagine pas en effet que ces documents aient été finalisés la veille de notre rencontre. Les présidences précédentes ont toujours facilité la circulation de l’information et cela même dans l’urgence.
Je crains que cette situation ne traduise une forme d’accord tacite entre les deux présidents, pour ne pas créer les conditions d’un réel travail partenarial au sein de la Mission de préfiguration. En l’absence de travail efficace au sein de la Mission, les élus en sont réduits à faire de la figuration, pendant que les décisions se prennent ailleurs.
De même, je regrette de ne pas avoir ressenti une volonté réelle de permettre à notre Assemblée de se prononcer clairement sur la demande de vote d’une motion par notre collègue Philippe Laurent sur les finances et la fiscalité.
Permettez-moi la franchise de mon ton, elle aidera au moins à lever des ambiguïtés si tel était le cas. La Métropole du Grand Paris ne peut pas être un copié-collé de celle mise en place à Lyon. Elle ne sera ni meilleure, ni plus mauvaise, elle sera différente car les réalités politiques, historiques et administratives ne sont pas les mêmes. Les Lyonnais ont eu les Canuts, nous avons eu la Commune. Ici, les questions ne peuvent se régler entre quelques « grands élus leaders » et l’Etat ? Il est indispensable que se construise un compromis avec l’ensemble des élus Maires et Présidents de Communauté d’agglomération, comme cela s’est bâti jusqu’ici, nous permettant d’aboutir à un accord voté par 94% d’entre nous.
Par ailleurs, dans le cadre d’un fonctionnement équilibré du tandem formé par les deux Présidents de notre Mission, l’un représentant l’Etat, l’autre les villes, il me semble que ce dernier devrait représenter les collectivités. Cela m’amène à l’opinion suivante : si la couleur politique de la Présidence de la future Métropole est jouée (je le regrette mais c’est le fruit des résultats électoraux), il me semblerait normal que son représentant soit issu d’une commune membre de la Métropole.
J’ai conscience du caractère peu diplomatique de ma missive, elle aura cependant le mérite de la clarté et de la franchise. J’ai conscience aussi de la difficulté de présider une institution rassemblant des maires inquiets pour l’avenir de leurs collectivités, des présidents d’EPCI qui craignent la déconstruction rapide de ce qu’ils ont patiemment construit, et alors que les intentions du gouvernement et de sa majorité ne sont pas du tout claires. Dans ce contexte, ce courrier ne vise qu’à obtenir un meilleur fonctionnement de notre instance.
Je vous prie de croire, Messieurs les Présidents, à l’expression de ma haute considération.
Patrice Leclerc
Maire de Gennevilliers


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